TIC – RAMADAN
Le «Tuub»* des Facebookeurs
«Ramadan
oblige», les statuts de type «beguéééé!!» et autres photos de sortie à
la plage ou en boîte de nuit sont momentanément bannis des pages
Facebook des Sénégalais. En lieu et place apparaissent des publications
pieuses, parfois un brin dévotes ou, au contraire, carrément tordantes.
Zoom sur un Ramadan 2.0.
«Modou, regarde bien par
ici… Ci digénté garab gi ak poto lamp bi», dit un goorgoorlu à son ami.
«Gisu ma weer wi laa wax! Barke serigne bi gisu ma ko**», lui répond
l’autre… la main clairement devant ses yeux pour être sûr de ne rien
voir. C’est sur le mur d’un facebookeur sénégalais que l’on a retrouvé
cette petite blague, incompréhensible si on la sort de son contexte : le
mois saint du Ramadan.
C’est effectivement le
sujet sur le bout de toutes les langues, la preuve en est que la «Page
Sénégal» officielle de Facebook, depuis qu’elle s’est relookée au
couleurs du Ramadan, rencontre un franc succès auprès de ses quelques…
61 878 abonnés. De même, l'on constate une récente floraison de pages
non officielles affiliées au mois béni : «Ramadan» (69 366 abonnés),
«Ramadan 100% mouslim» (1 697 utilisateurs), «Ramadan 2012 entre
Musulmans» (11 508 abonnés), et autres pages aux accents islamophiles
ont, depuis la semaine dernière, le vent en poupe.
Du côté de chez nous, les
utilisateurs sont tout aussi socialisants : ils partagent des statuts
ayant trait aux symboles de l’islam, commentent, «like», publient les
prières de nafila du jour, échangent des vœux pieux ou, sur un registre
plus profane, s’envoient des boutades à propos de leurs «courages»
respectifs face à la faim.
«Déwénàti à tous mes amis.
Baleen ma axx, balnaa leen, yalla nagnu Yàllà boole jégël ci weer bu
tedd bi, nangul gnu sunu koor te jégël gnu sunu ay bakaar si barke
Seydina Mouhamed (Psl)», écrit par exemple une facebookeuse sur son mur.
souhaitant à ses proches de passer un bon mois de Ramadan tandis qu’un
autre abonné porte une photo de lui-même devant des victuailles alors
qu’il attend l’appel du muezzin pour rompre le jeûne.
De petits messages en
petits messages, on se rend compte que c’est un corpus de propos
positifs qui se forment et témoignent de la joie avec laquelle les
Sénégalais, même les plus douillets (ou peureux), entament le jeûne.
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