AFRIQUE : Nouvelles projections démographiques, nouveaux défis.

Comme si les problèmes auxquels elle est aujourd’hui confrontée ne suffisaient pas, les projections démographiques effectuées par l’Institut d’Etudes Démographiques (INED) prophétisent plus de défis pour l’Afrique. En effet, aussi paradoxal que cela peut l’être au regard de toutes les calamités qui affectent ce contient, à l’horizon 2100, il risque bien d’être une des zones de la planète les plus peuplées. Une information qui n’est pas que réjouissante. Loin s’en faut. Dans exactement 89 ans, le continent africain abritera plus de 30 % de la population mondiale. Dans le rapport que vient de publier l’INED, c’est l’indicateur qui pointe le mieux la progression démographique qui est en action sur le continent africain. Selon cette étude, des 7 milliards d’humains qui cohabitent sur la planète Terre en cette année 2011, l’Afrique, à elle seule, en abritait 1, 05 milliard au mois de juin dernier.

La croissance démographique serait si exponentielle sur le continent que de 800 millions d’habitants en 2000, il pourrait se retrouver avec 3,6 milliards en 2100 !

Ainsi, en seulement un siècle, la population africaine aura quasiment quadruplé.
Cette tendance à l’accroissement de sa population que connait le continent sera contraire à celle qui sera observée dans le reste du monde. D’ici à 2100, la population mondiale pourrait se stabiliser autour de 9 à 10 milliards d’habitants. Particulièrement, durant la seconde moitié de ce 21ème siècle, la courbe sera descendante.

La raison de ce déclin qui sera plus manifeste en Europe, en Amérique du Nord et dans l’est asiatique, ce sera la baisse du taux de natalité. Cette dernière, à son tour, sera consécutive à la démocratisation dans ces zones conquises par la culture du planning familial. Une évolution qui est de plus en plus rendue nécessaire par l’épanouissement de plus en plus marquée de la gent féminine.

Pendant ce temps en Afrique, les méthodes techniques destinées à contrôler les naissances se heurtant aux barrières à la fois culturelles et économiques, les ménages continueront à voir la venue d’un enfant comme un don de Dieu. Conséquence, les taux de natalité continueront à demeurer à des niveaux très élevés. Si élevés que le Sida et toutes les autres pandémies et fléaux comme la famine actuelle dans la corne de l’Afrique, ne sauront stabiliser la fulgurante progression des populations noires.

Dans les conditions normales, de telles perspectives sont réjouissantes. Pour soutenir leurs croissances respectives, l’Europe et l’Amérique du nord notamment paieraient tout pour que ces chiffres soient les leurs. Mais pour l’Afrique, à priori ce n’est pas là une bonne nouvelle. Car cette augmentation exponentielle de la
population africaine, signifierait plus de victimes du Sida, de paludisme, de
famine, de guerres, etc. Or, si les leaders africains tiennent à éviter de si horribles prévisions, il leur faudra faire face aux défis qui s’attachent à cette nouvelle donne.

Au nombre de ces défis, sont les impératifs liés à l’éducation et à la formation du nombre d’enfants qui naitront. Ce qui signifie une augmentation significative des infrastructures scolaires et de formation. Egalement, les ressources humaines et économiques devront nécessairement grimper. Il en est de même en ce qui concerne les soins sanitaires, les questions liées à l’habitation, la problématique du chômage des jeunes, les besoins alimentaires, les mécanismes d’encadrement et de sécurité, etc.

Ainsi qu’on le voit, eu égard aux conditions et aux capacités potentielles du
continent africain, les chiffres que vient de publier l’INED, n’annoncent pas un
avenir africain fait de rose. A moins que les responsables du continent, décident
enfin de retrousser véritablement les manches ! Or pour le moment, ce n’est pas
là une évidence.

Ils peuvent cependant éviter le pire en agissant sur un autre facteur du phénomène : celui du taux de natalité. Pour cela, il faut que tout de suite et maintenant, que les moyens et les stratégies soient mis à disposition pour que les Africaines s’approprient et fassent les leurs toutes les méthodes contraceptives efficaces. En langage clair, cela veut dire beaucoup d’argent et d’hommes, sans perdre un seul instant. Mais si c’est là une voie moins onéreuse et plus simple en apparence, elle manque cependant de réalisme.

Pourtant, il n’y a que les deux options. Mais n’est-ce pas un grand atout que de disposer des différentes alternatives ?

SOURCE : www. JustinMorelJunior.net

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